Antiracisme et anticolonialisme bien ordonnés commencent par nous-même

Nouvelles : Analyses

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Les membres et sympathisant.e.s de Solidarité sans frontières, un réseau de justice pour les migrant.e.s basé à Montréal, défilent dans le cadre de la campagne "Un statut pour tous" en juillet 2020. Crédit: Cédric Martin

Pour plusieurs, 2020 a été une année de conscientisation sur la présence d’injustices dans notre société. La prise de parole en réponse à la mort de Joyce Echaquan, les manifestations du Black Lives Matter, ce sont les contrecoups d’un même système où le pouvoir est réparti inégalement au profit d’un groupe dominant.

La première étape pour affronter ce système est de le nommer, le reconnaître, et le comprendre. La Ligue des droits et libertés, homologue d’Inter Pares, organise des ateliers et partage divers outils éducatifs pour expliquer le racisme systémique : un système d’oppression qui favorise un groupe, et qui défavorise les groupes qui ont été racisés1. Parler de “système” permet d'éviter les accusations individuelles et de se focaliser sur les politiques et normes aux effets discriminatoires. Lorsqu’on comprend que les structures de pouvoir héritées d’un passé colonial perpétuent ces injustices, les perspectives pour un changement collectif sont plus grandes. Plutôt qu’être sur la défensive, chacun peut s’ouvrir à la responsabilité individuelle et collective d’un antiracisme proactif.

Le changement passe également par l’amplification des voix des groupes vivant cette exclusion qui demandent le respect de leurs droits. Justicia for Migrant Workers (J4MW) est un groupe militant pour des changements dans le traitement injuste des travailleurs agricoles migrants. En effet, le programme de migrants temporaires en agriculture favorise une division raciale du travail, précarise ce travail agricole essentiel et nie les droits de ces travailleuses et travailleurs racisé-e-s tout en contribuant aux inégalités structurelles mondiales. J4MW a lancé la campagne “colours of food” (la couleur des aliments) pour visibiliser les conditions injustes que subissent ces travailleurs essentiels.

La lueur d’une transformation semble poindre lorsque les effets disproportionnés de la pandémie chez les communautés migrantes ou racisées sont analysés dans les médias ou lorsque Montréal tient une commission sur le racisme systémique. En soi, chaque geste est petit, mais leur multiplication peut peut-être présager une prise de conscience collective. Comme l’a souligné Natasha Kanapé Fontaine, poète et militante Innu, à la suite de la mort de Joyce Echaquan: « Il faut demander justice, il faut demander qu’on puisse enrayer le racisme systémique des institutions de faire en sorte que chaque personne soit traitée avec dignité et avec humanité [...] Il faut absolument qu’on puisse travailler ensemble, lutter ensemble, pour que ça cesse. [...] Il faut appeler à la solidarité et au rassemblement2».

 

1Le racism systématique...Parlons-en ! Ligue des droits et libertés. juillet 2017. https://liguedesdroits.ca/brochure-le-racisme-systemique-parlons-en/
2Racisme systémique : Elisapie et Natasha Kanapé Fontaine interpellent Legault. Valérie Boisclair, Radio-Canada. 1 octobre 2020.

Lorsqu’on comprend que les structures de pouvoir héritées d’un passé colonial perpétuent ces injustices, les perspectives pour un changement collectif sont plus grandes.

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