Des communautés partagent leurs luttes actuelles et passées

Le deuxième volet de l’échange nous emmena dans les régions de Pisco et Ica, à 300 km au sud de Lima sur la côte du Pacifique. Nous avons visité la communauté de San Clemente de Pisco, frappée par un séisme majeur près d’un an plus tôt. Ces régions n’ont pas été touchées par la violence politique pendant le conflit au Pérou, mais au cours des vingt années de conflit, 50 000 à 150 000 personnes y ont trouvé refuge, fuyant la violence qui ravageait d’autres parties du pays. Plusieurs ont formé une association de familles déplacées pour combattre la discrimination et le niveau élevé de pauvreté dans leur nouveau lieu de résidence. Après le séisme, l’association a aidé ses membres à obtenir les titres de propriété des terres où ils vivaient afin d’avoir droit aux fonds du gouvernement pour reconstruire leur maison.

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À notre arrivée à San Clemente, nous avons été accueillis par de la musique et des danses à la Casa de Acogida, le centre de l’association. Sitôt descendue de l’autobus, chaque personne s’est fait entraîner dans une danse qui a bloqué toute la rue! Un spectacle assez extraordinaire. Après des discours et présentations sur le travail de l’association, le groupe a été convié à un repas andin typique : viande longuement mijotée sous la braise, pommes de terre et maïs. Les danses et les chants ont continué après le repas et nous avons eu droit à la tradition quechua qui consiste à lancer de la poudre de talc au-dessus de la foule des danseurs en signe de liesse. Une participante péruvienne m’a dit que les fêtes, les chants et les danses font partie des stratégies de résistance des autochtones du Pérou.

Les fêtes et les chants furent aussi à l’honneur lors d’une pause devant l’océan Pacifique entre Ica et Pisco. Les Guatémaltèques n’avaient jamais vu l’océan. Nous avons donc combiné cérémonie maya des bougies, chants et musique du Pérou en l’honneur de cette première.

Le 18 juillet 2008, dernier jour de l’échange, les Guatémaltèques ont organisé une dernière cérémonie des bougies pour commémorer le massacre de Plan de Sánchez. Le 18 juillet 1982, les forces de sécurité du Guatemala ont encerclé la communauté de Plan de Sánchez, dans la région de Rabinal, et assassiné 268 personnes. Vingt personnes seulement ont survécu à ce massacre brutal, dont Benjamin Gerónimo, un fondateur de l’AJR qui en assume actuellement la présidence. Benjamin nous raconta cette terrible journée, nous invitant à la commémorer avec lui. Bien des larmes ont été versées. La plupart des membres des délégations péruvienne et colombienne ont appris cette histoire de la bouche même d’un survivant et ont partagé la douleur de leurs camarades du Guatemala.

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