Le prix de l'or

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Introduction

Pendant leur visite au Ghana en novembre 2005, Caroline Boudreau et Eric Chaurette, membres du personnel d'Inter Pares, ont rencontré des groupes citoyens dans les villes de Prestea et de Kenyasi afin de mieux saisir l'impact de l'exploitation minière sur les collectivités et la façon dont celles-ci s'organisent pour défendre leurs droits. La visite a été menée par Abdulai Darimani, de l'Unité environnementale de Third World Network-Africa (TWN-Africa), un homologue de longue date d'Inter Pares.

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La première chose qu'on voit en arrivant à Prestea, une ville de 40 000 habitants dans le sud-ouest du Ghana, c'est une grosse montagne qui domine le paysage. En nous approchant de cette montagne, nous réalisons que ce n'est pas une montagne comme les autres : c'est un gigantesque amas de rejets miniers. La mine à ciel ouvert est en plein coeur de Prestea, là où auparavant se trouvait la place du marché. On a aussi déplacé le bureau de poste et le commissariat de police. « Nous commençons à avoir peur qu'ils viennent creuser jusque dans notre chambre à coucher! » s'exclame Alhaji, un dirigeant de la Concerned Citizens Association (Association des citoyens engagés) de Prestea. Il parle d'une société minière canadienne qui exploite une mine à ciel ouvert au beau milieu de la ville de Prestea.

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L'exploitation minière ne date pas d'hier dans la région - elle remonte à près d'un siècle. Mais l'extraction de l'or se faisait autrefois en creusant sous la terre un réseau complexe de puits de mine, alors qu'aujourd'hui, on dynamite en surface. Le passage aux mines à ciel ouvert s'est fait en 2002, quand la mine a été achetée par une filiale d'une société canadienne. La direction a décidé d'abandonner l'extraction souterraine, jugée trop onéreuse, au profit de l'exploitation de surface, beaucoup plus économique.

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Cette décision a transformé la vie paisible de Prestea en véritable enfer. De gros camions circulent dans la ville à tombeau ouvert et on dynamite plusieurs fois par jour, ce qui cause des dommages structurels aux édifices. Cela affecte aussi la qualité de l'air et de l'eau, ainsi que la qualité de vie de la population et sa sécurité. Les familles sont hantées par la peur d'être chassées de chez elles et la méfiance s'installe - des voisins s'accusent mutuellement d'accepter des pots-de-vin de la compagnie en échange de renseignements sur les groupes citoyens locaux. Quand la population a voulu exprimer son ras-le-bol en organisant un mouvement de protestation, la société minière a ordonné aux soldats de disperser les manifestantes et manifestants avec des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc. Cela n'a pas suffi à briser la résistance et ils ont fini par utiliser de vrais projectiles contre la foule, blessant sept personnes, dont deux grièvement.

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Photos : Caroline Boudreau et Eric Chaurette, TWN - Africa