Liberté de circulation et communautés captives en Colombie
Démanteler les barrières

En novembre 2003, près de cinq cents personnes dont des paysannes et des paysans de la région, des personnes représentant des organisations religieuses, des ONG locales et internationales et des institutions onusiennes, des diplomates ainsi que des journalistes de la Colombie et d'ailleurs ont entrepris un voyage de cinq jours sur l'Atrato. Cette traversée, longue de six cents kilomètres, a permis de dévoiler les effets de la captivité imposée par les factions armées sur les communautés autochtones et afro-colombiennes.

Des milliers de résidentes et de résidents ont acclamé la caravane fluviale. Ils étaient résolus à envoyer un message aux factions armées : le fleuve doit être ouvert à toutes et à tous et la liberté de circulation respectée.



Cette campagne a permis de sensibiliser la population colombienne et la communauté internationale au drame des communautés captives établies le long de l'Atrato. Jamais auparavant on avait assisté dans la région à un tel déploiement de médias. Certes, cette campagne ne peut à elle seule représenter une solution; mais elle oriente les efforts dans la bonne direction. Il existe toujours des communautés captives le long des rives de l'Atrato et ailleurs en Colombie. Mais aujourd'hui on parle enfin de ce problème.
Nous voulons récupérer l'Atrato pour pouvoir y naviguer sans peur, comme si nous étions, chacune et chacun, maître de ce territoire. Nous espérons que cette campagne permettra aux factions armées de comprendre que les communautés veulent rouvrir le fleuve à la navigation. Nous espérons que l'Atrato redeviendra ce qu'il était, que les embarcations pourront y voguer et que les produits de la région pourront être vendus dans les grandes villes. (Résident de San Juan, Chocó)

Grâce au soutien de PCS, cinq centres communautaires ont été construits à des emplacements stratégiques le long du fleuve. Ils permettent à la population de réaliser des activités communales et de renforcer les structures sociales communautaires. Bien qu'il soit fort à souhaiter que ces centres servent uniquement les objectifs du développement communautaire, il est aussi possible de les utiliser comme refuges et comme centres de secours d'urgence pour les personnes obligées de fuir.



Le projet « Un flot de paroles » constitue un autre volet de la campagne visant à forcer le blocus des communautés captives. Il s'agit d'un projet de bibliothèque flottante qui propose aux habitantes et aux habitants des villages de l'Atrato livres, information, vidéos et autres contacts avec le monde extérieur.
Ce qui frappe le plus les habitantes et les habitants de la région dans cette bibliothèque ce sont les films de Charlie Chaplin. Faire rire des gens vivant au coeur d'un conflit et d'une crise humanitaire est déjà un exploit en soi. (Membre d'une équipe pastorale du diocèse de Quibdó)
Outre le généreux soutien de nos donatrices et de nos donateurs, Inter Pares rend aussi hommage à la section Amériques de l'ACDI et à la Wild Rose Foundation pour leur appui et leur assistance à ses activités en Colombie.
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| Révisé le 7 février 2007 | Politique de publication | |


