Alimenter le mouvement

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En 1997, dans l'ouest de la Birmanie, comme tous les jours depuis que son oncle avait été arrêté avec dix-huit autres personnes pour avoir organisé une cérémonie chrétienne, Kim est allé lui porter de la nourriture dans la prison locale dirigée par la junte militaire. Comme c'était le jour de son vingtième anniversaire, Kim avait apporté un repas spécial pour l'occasion. Mais, lorsqu'il est arrivé à la prison, son oncle et ses compagnons avaient disparu. Parti à leur recherche, Kim a découvert dix-neuf tombes fraîchement creusées dans la jungle proche. Peu de temps après et craignant pour sa propre sécurité, Kim s'est enfui en Inde.

Dans son nouveau foyer, il a appris que le régime birman avait l'intention d'exploiter les gisements marins de gaz naturel pour le vendre à l'Inde ou à la Chine. Les énormes réserves des champs de Shwe pourraient bel et bien devenir la principale source de revenus extérieurs de la junte militaire. En dépit d'appels internationaux pour l'arrêt des investissements étrangers en Birmanie jusqu'au rétablissement de la démocratie, de nombreuses entreprises, y compris des sociétés canadiennes, continuent de traiter avec le pouvoir militaire. Le village d'où Kim s'est enfui se trouve sur la trajectoire du gazoduc dont on envisage la construction. Sachant qu'il est improbable que sa communauté survive à sa réalisation, Kim a décidé de prendre les choses en main.

Il s'est donc joint au Shwe Gas Movement (SGM), un réseau grandissant de personnes et d'organisations préoccupées par la radicalisation croissante d'un régime déjà très brutal ainsi que par la tendance à la militarisation et à la recrudescence de cas de violation des droits de la personne dans les régions visées par les projets de « développement » de la junte. SGM a des ramifications en Inde, au Bangladesh et en Thaïlande; il a établi des partenariats avec des organisations régionales et internationales. Le mouvement prépare du matériel de sensibilisation et d'éducation comme le rapport « Supply and Command ». En plaçant le fruit de ses recherches dans un réseau international, SGM touche un auditoire plus vaste et plus varié, depuis les membres du Parlement indien aux habitants du village de Kim.

En juin 2007, Inter Pares, qui a soutenu les activités de SGM depuis sa création, a facilité, en sa qualité de membre du Comité des ONG canadiennes sur la Birmanie, la participation de Kim au Programme international de formation sur les droits de la personne, à Montréal. Plus de cent trente participantes et participants venus de soixante pays différents ont pu, tout comme lui, approfondir leur connaissance des droits de la personne et bâtir des réseaux de solidarité internationale. Inter Pares a l'intention de poursuivre sa collaboration avec Kim et ses collègues qui représentent un élément essentiel du mouvement pour la démocratie en Birmanie.

Pour obtenir une copie du rapport sur le projet d'exploitation gazifière à Shwe, visiter le
ouvre dans une nouvelle fenêtre de navigateur www.shwe.org/media-releases/publications/file/SUPPLYANDCOMMAND.pdf (en anglais seulement).

Le parcours de Rebecca

Pendant des décennies, les personnes réfugiées ont parcouru à pied les chemins qui séparent la Thaïlande de la Birmanie dans l'espoir de vivre dans une relative sécurité. Rebecca Wolsak se souvient de son premier voyage à Mae Sot, une bourgade de la frontière thaïlandaise. « À plusieurs reprises, j'ai été abordée par des gens de la Birmanie qui voulaient me faire savoir comment les choses se passaient dans leur pays. » Leurs récits ont eu un impact déterminant sur la vie de Rebecca puisqu'ils l'ont convaincue de se solidariser avec le mouvement pour la démocratie et les droits de la personne en Birmanie. Ce combat fait désormais partie intégrante de sa vie.

Le parcours de Rebecca a été émaillé d'études, de voyages, de travaux et de séjours dans plusieurs pays du monde. Partie de Vancouver où elle a vu le jour, elle s'est retrouvée en Angleterre pour ses années de formation, puis en Australie et de retour en Écosse où elle a évolué dans le monde des festivals de théâtre. Bien qu'elle ait toujours été portée sur les activités artistiques telles que le théâtre, la danse et la musique, elle est, avant tout, convaincue par la nécessité de défendre les droits de la personne. Il était donc naturel que sa passion pour la justice sociale l'ait emmenée en Thaïlande où elle a passé cinq ans au service d'homologues d'Inter Pares dont les Équipes médicales mobiles et la Clinique Mae Tao.

Avec la Thaïlande comme base arrière, les Équipes médicales mobiles apportent des soins de santé à des personnes vivant dans les régions les plus dangereuses de Birmanie. En 2000, les Équipes médicales mobiles étaient une organisation jeune qui avait besoin de se doter d'outils de communication, de gestion financière, d'administration et de collecte de fonds. Il va sans dire que la présence de Rebecca était un renfort considérable étant donné ses capacités exceptionnelles d'analyse, de rédaction, d'organisation, de gestion et de relations publiques qu'elle a développées dans le monde des arts. Deux années auprès des Équipes médicales mobiles lui ont permis de se familiariser avec la politique de la souffrance et de la résistance et de témoigner de la force de l'esprit humain. C'est dans ce contexte qu'elle a appris l'existence d'une organisation de justice sociale appelée Inter Pares qui appuyait déjà des activités à la frontière de la Thaïlande et de la Birmanie.

Après plusieurs années d'action en faveur de la paix, de l'environnement et des droits de la personne en Thaïlande, Rebecca a retrouvé sa famille à Vancouver. Dès son retour, elle a pris contact avec un groupe de solidarité local, pour organiser une exposition d'objets d'art et de tissus produits par Borderline, une organisation basée à la frontière thaïe-birmane qui s'attache à faciliter l'expression créative des populations de la Birmanie en exil. C'était pour elle l'occasion de mettre son talent artistique au service des causes qu'elle défend et de montrer au Canada ce qui l'avait inspirée dans son combat pour la démocratie en Birmanie. C'était aussi l'occasion de reprendre contact avec Inter Pares qui a appuyé la manifestation artistique de Vancouver. Rebecca fait aujourd'hui partie de l'équipe d'Inter Pares avec qui elle poursuit son parcours militant à Ottawa.

Pour en savoir plus sur Borderline, visiter le ouvre dans une nouvelle fenêtre de navigateur www.borderlineshop.blogspot.com (en anglais seulement).

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