À la défense des îles sacrées de la Guinée-Bissau
En une calme soirée d'octobre, une tortue verte trace calmement son chemin vers la mer après avoir enfoui les oeufs qu'elle vient de pondre dans le sable de l'île de Poilão. Ce n'est qu'une parmi ses sept mille congénères qui, chaque année, se retrouvent sur cette plage pour donner la vie à une nouvelle génération de tortues. L'île de Poilão fait partie de l'archipel des Bijagos, un trésor écologique et culturel qui regroupe quatre-vingts îles dispersées au large de la Guinée-Bissau et dont la population compte 25 000 habitants.
Le respect que portent les Bijagos à certaines espèces animales comme la tortue verte et à certaines zones telles que les anses et les îles a permis de préserver un délicat équilibre entre l'exploitation des ressources et les écosystèmes insulaires.
Afin de protéger les riches ressources culturelles et naturelles de ces îles, la zone a été désignée « réserve de la biosphère » en 1996. Avec l'appui d'Inter Pares, l'organisation bissau-guinéenne, Tiniguena, a oeuvré auprès des insulaires pour assurer l'intégrité écologique de la réserve en veillant à ce qu'elle ne soit pas uniquement protégée « sur papier » et pour garantir la préservation des modes de pêche et de culture durables qui constituent l'essentiel de la vie des Bijagos. Par la participation directe des résidentes et des résidents locaux à l'élaboration du plan de gestion et d'exploitation des ressources, Tiniguena et les insulaires ont pris soin d'assurer la souveraineté alimentaire fondée sur les savoirs locaux et le respect de zones considérées comme sacrées et sources de vie.
Malheureusement, en raison de la rareté des ressources, la mise en oeuvre du plan de gestion n'est pas allée sans mal. Les incursions des flottes de pêche industrielle et celles des pêcheurs migrants, les perspectives d'exploration pétrolière et d'établissement de chantiers de démolition de navires sont autant de menaces qu'il faut contrer.
Avec les communautés locales, Tiniguena a déplacé son action vers la scène internationale où elle entreprend de faire inscrire l'archipel sur la liste du Patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO. Ces îles sacrées seraient alors protégées davantage tout comme le seraient les rêves qu'elles recèlent pour les générations à venir.
Inter Pares est reconnaissante à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) pour l'appui apporté par le biais du Fonds Alliance Syndicats Tiers-Monde.
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| Révisé le 13 février 2006 | Politique de publication | |


