Alimentation et sécurité en Colombie

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Debout dans son arrière-cour, derrière la clôture de broche, Doña Rosa regarde fièrement ses animaux. « S'ils reviennent, je ne les laisserai pas prendre mes cochons ».

Nous nous trouvons à San Juancito au nord-est de la Colombie, dans un petit village de quelques centaines d'âmes situé en bordure d'une rivière et entouré de collines verdoyantes. Cette zone est aussi belleque dangereuse parce qu'elle est disputée par les paramilitaires, les guérilleros et l'armée qui tentent de réduire la population à leur merci et de mettre la main sur les ressources de la région. Depuis quelques temps, il y règne un calme tendu mais Doña Rosa n'a pas encore oublié les massacres et les fuites précipitées avec ses seuls vêtements sur le dos.

Pourtant, elle est attachée à sa terre; elle est déterminée à y rester même si la violence devait flamber à nouveau. Grâce au soutien technique de notre homologue, le Centre for Service of Cooperatives, et une modeste contribution financière d'Inter Pares, les villageois ont planté des potagers et des arbres fruitiers. Ils élèvent aussi des poulets et, bien sûr, des cochons. Dans un espace communautaire, les femmes cultivent des variétés locales riches en protéines et produisant du fourrage. Hommes et femmes ont appris à gérer leurs récoltes de manière biologique et à diversifier leur production agricole. Une fois le ravitaillement alimentaire assuré, la population est prête à s'investir dans la terre, à planter des arbres et à se tourner vers des cultures à maturation lente. San Juancito a joint ses efforts à ceux des villages voisins pour créer un plan de développement régional en vue d'assurer la sécurité alimentaire à long terme, de répondre aux besoins de la population en matière de santé et d'éducation et de s'atteler à obtenir les titres de propriété foncière.

Les progrès sont lents et Doña Rosa avoue que les craintes ne sont pas complètement apaisées. Bien que les hommes armés n'aient pas disparu, les gens ont plus confiance en eux-mêmes et dans ce qu'ils sont en train de réaliser. La population s'est organisée pour convaincre l'État de la protéger afin qu'elle n'ait pas à fuir de nouveau. Par un élan de solidarité et unis dans une cause commune, elle est résolue à défendre pacifiquement ce que d'autres essaient de prendre par la force.

Le programme d'Inter Pares en Colombie bénéficie du généreux soutien de l'Agence canadienne de développement international et de la Fondation Wild Rose de l'Alberta.

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Révisé le 13 février 2006 haut Politique de publication
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Bulletin - Février 2006

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Photo : Julio Cesar Herrera