Bâtir des mouvements, un échange à la fois
« L’alimentation, c’est la vie! » Augusta Henriques parle avec passion de l’agriculture et de la culture dans son pays, la Guinée-Bissau. Ils sont quelques douzaines à l’écouter avec beaucoup d’attention. À l’arrière de la salle, une personne souffle à l’oreille de sa voisine la traduction du français d’Afrique de l’Ouest. La scène ne se passe pas dans une salle de conférence, mais dans un restaurant de quartier à Montréal.
Depuis 2003, L’Université autrement : dans les cafés crée des lieux de rencontre qui offrent aux citoyennes et aux citoyens l’occasion de poursuivre leur éducation permanente et participer à des échanges publics. L’Université autrement se fonde sur la conviction que l’échange public d’idées fait partie intégrante du changement social et de la création de collectivités viables et en santé. Inspiré de l’éducation populaire, le programme permet à des gens de tous les horizons de se rencontrer, d’apprendre ensemble et d’échanger idées et expériences dans un climat empreint de respect.
À titre de collaborateur de longue date de l’Institut de développement communautaire de l’Université Concordia, organisation parent de L’Université autrement, Inter Pares facilite l’accès aux lieux d’apprentissage. Inter Pares a subventionné pendant plusieurs années la participation de personnes n’ayant pas les moyens de s’inscrire au programme d’été de l’Institut, qui offre à des praticiens de la société civile l’occasion d’apprendre, de collaborer et de réfléchir à leur travail. À plusieurs reprises, Inter Pares a invité des collègues d’autres pays aux débats publics de L’Université autrement pour partager leurs réflexions sur des enjeux sociaux pressants avec les Canadiennes et les Canadiens – comme le fait ce soir Augusta Henriques.
Augusta est secrétaire générale de Tiniguena, une organisation de la Guinée-Bissau qui promeut la conservation de l’environnement et l’engagement citoyen. Elle est à Montréal pour discuter de la réaction de sa communauté face à la crise alimentaire qui touche la population de à travers le Sud mondialisé. Mais ce soir-là, elle parle de la place centrale de l’alimentation dans la culture, et de la façon dont les Bissau-Guinéens défendent les deux. On sent l’énergie circuler alors que les idées exprimées par Augusta incitent les personnes présentes à parler de leur propre expérience et de leur réflexion sur le rôle de la saine alimentation dans leur communauté et leur culture.
Vers la fin, l’intérêt est tel qu’on demande comment poursuivre la discussion. Plusieurs s’attardent pour discuter de la façon dont ils peuvent se joindre au travail de plaidoyer sur l’alimentation à l’échelle nationale. Le rôle de L’Université autrement est d’amorcer le débat – c’est à chacun de nous de le poursuivre dans son milieu, comme une graine que l’on sème et que l’on arrose avec soin.
Pour en savoir davantage sur L’Université autrement : dans les cafés et obtenir le calendrier des échanges, consulter
http://univcafe.org.
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