Apprendre et agir ensemble
Délégation de la Birmanie sur la Colline du Parlement.
Mika Lévesque (à l'arrière) de Droits et Démocratie. De gauche à droite:
Sein Htay et le Premier ministre Sein Win du National Coalition Government of Burma, Aung Than Wai, Dre Cynthia Maung de la clinique Mae Tao, Charm Tong du Shan Women's Action Network, K'nyaw Paw du Karen Women's Organization et Rebecca Wolsak d'Inter Pares.
VOLUME 32, NUMÉRO 1, FÉVRIER 2010
En septembre dernier, une collègue d’Inter Pares, Charm Tong, a témoigné devant le comité parlementaire des Affaires étrangères et du Développement international du Canada. Charm Tong a dit aux membres du comité qu’elle était une réfugiée de l’État Shan en Birmanie et qu’elle avait grandi dans un orphelinat à la frontière birmano-thaïlandaise. Elle a expliqué comment des centaines de milliers de personnes comme elle sont devenues des réfugiées en raison de la guerre menée par la junte militaire birmane.
Elle a décrit la façon dont l’armée birmane avait détruit plus de 3000 villages dans les États des ethnies minoritaires au cours des dix dernières années. Elle a parlé de la torture et de l’exécution extrajudiciaire des civils, des déplacements forcés et du viol des femmes de groupes ethniques minoritaires comme stratégie de guerre. Ce sont des crimes, a-t-elle dit, priant le Canada d’exiger une commission d’enquête du conseil de sécurité des Nations unies sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis en Birmanie.
Charm Tong faisait partie d’une délégation de militantes et de militants pour la démocratie et les droits de la personne en Birmanie ayant passé plusieurs semaines au Canada en septembre dernier. La délégation a rencontré des groupes de défense des droits, des organisations de réinstallation des réfugiés, des étudiants, des organisations de santé et des groupes communautaires à Vancouver, Calgary, Edmonton, Ottawa et Toronto. À Ottawa, la délégation a aussi vu des parlementaires, des ministres du cabinet, des sénateurs et des représentants du gouvernement. La visite était organisée par Inter Pares et des groupes de tout le pays qui plaident la cause de la démocratie en Birmanie.
Une partie importante de la mission d’Inter Pares est de faire connaître au Canada son travail pour la justice sociale. Et la meilleure façon de le faire est de favoriser la création de liens entre organisations du Canada et du Sud œuvrant dans un domaine similaire. Inter Pares a une longue et riche tradition dans l’organisation d’échanges éducatifs entre militantes et militants canadiens et internationaux qui défendent les droits des femmes. Nous avons facilité le dialogue entre les communautés agricoles du Canada, d’Asie et des Caraïbes. Nous avons permis à des écologistes du Canada de rencontrer leurs pairs d’autres pays. Nous avons présenté des organisations des Premières nations au Canada à des peuples autochtones d’Asie et d’Amérique latine. Toutes ces activités nous ont appris que les gens sont avides de raconter leur histoire, de découvrir les stratégies de changement appliquées ailleurs et de tisser de nouveaux liens fondés sur un profond sentiment de solidarité et de travail pour une cause commune.
Nous avons aussi incité le gouvernement canadien à jouer un rôle progressiste sur la scène internationale en ce qui a trait aux droits civils et aux droits de la personne, à la responsabilité sociale des entreprises et à la durabilité de l’environnement. Au fil des ans, nous avons invité à Ottawa des collègues d’outre-mer pour rencontrer des représentants du gouvernement et des dirigeants politiques, témoigner devant des comités parlementaires et participer à des débats importants sur le rôle du Canada dans le monde. En général, les représentants et les politiciens ont apprécié la possibilité d’entendre des points de vue et des voix qu’ils auraient ignorées autrement.
Charm Tong et ses collègues sont repartis avec la certitude que partout au Canada, bien des gens appuient leur lutte pour la paix et la justice en Birmanie. Ce Bulletin présente des projets récents d’Inter Pares en vue de stimuler la réflexion des Canadiennes et des Canadiens sur le rôle du Canada dans le monde. Le fait de rencontrer des militantes et des militants d’ailleurs et d’échanger les expériences permet aux gens d’ici de faire un parallèle avec les dilemmes dans leur propre communauté. Ces activités permettent d’apprendre les uns des autres et d’approfondir notre travail collectif pour le changement social, ici et à l’étranger.
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