Pérou : Diana Avila
C'est d'abord son élégance qui attire l'attention. Un visage remarquable aux traits nets, un regard magnifique, un sourire engageant et un air jeune qui charment tous ceux et celles qui la rencontrent. Voici en quelques coups de crayon le portrait de Diana Avila. Diana est péruvienne; elle se remémore avec enthousiasme plus de trente années de militantisme acharné depuis la fin de ses études de journalisme et de sociologie, au début des années soixante-dix. Sa vie coïncide avec une période tourmentée de l'histoire de l'Amérique latine. Diana a toujours été au coeur des événements, en tant que journaliste et chercheuse, en tant que militante pour les droits de la personne et en tant qu'une des leaders du mouvement des ONG internationalistes qui oeuvrent à promouvoir les droits, la démocratie et la justice économique.
Tout au long de sa vie, Diana a été témoin de la guerre civile et de la brutalité de la répression au Pérou et dans d'autres pays du continent, du Chili au Mexique. Jamais Diana n'a épargné d'effort pour faire cause commune, chez elle et ailleurs, avec celles et ceux qui étaient directement touchés par cette violence. Au Pérou, elle fait autorité sur les questions concernant les personnes déplacées internes de la région des Andes. Dans les montagnes péruviennes, elle est reconnue et considérée comme une amie par les personnes habitant des villes et villages qu'elle a accompagnées dans leur épreuve jusqu'à ce qu'elles regagnent leurs foyers.
Mais son action dépasse le cadre des frontières nationales péruviennes. En effet, elle fut durant plusieurs années directrice générale de Project Counselling Service. Auparavant, dans le cadre des activités internationales de défense des droits de la personne, Diana avait collaboré avec des organisations locales pour protéger et soutenir les personnes réfugiées, déplacées et d'autres personnes touchées par les conflits internes, et pour apporter une assistance matérielle aux communautés sinistrées tout en soutenant la lutte pour les droits et la démocratie. Elle a su aussi user de son prestige international pour attirer l'attention des militantes, militants, politiciennes et politiciens au Canada, aux États-Unis et en Europe sur la situation des communautés assiégées.
Ce faisant, Diana a tissé des liens durables avec un vaste éventail de personnes militantes : outre les femmes autochtones des montagnes du Pérou qui la connaissent si bien maintenant, elle traite avec des animatrices et animateurs communautaires dans le Chiapas, des défenseurs des droits des consommateurs dans les zones urbaines du Salvador, des éducateurs populaires et des travailleurs de la santé du Guatemala et des défenseurs des droits de la personne en Colombie. Diana considère que la consolidation des relations interpersonnelles est au coeur de l'organisation communautaire. Sur le terrain, elle voit ce qui se produit lorsque les personnes peuvent partager leurs expériences et perspectives de situations similaires.
« Ainsi », nous explique-t-elle, « lorsque les femmes autochtones des Hautes Andes peuvent rencontrer sur un même pied d'égalité des femmes venues d'autres pays d'Amérique latine et qui ont aussi été confrontées à la discrimination, elles s'aperçoivent qu'elles ne sont pas seules et elles se sentent plus fortes et plus capables. Elles prennent conscience de ce qu'elles ont à offrir et elles découvrent qu'elles peuvent apprendre de nouvelles choses. Et lorsque ces mêmes femmes peuvent rencontrer des homologues venues depuis la Birmanie et ayant vécu la même situation de réfugiée, alors, des miracles peuvent se produire! »
Parallèlement, Diana nous explique l'importance qu'elle attache à ses rencontres avec des militantes et militants d'autres pays qu'ils soient du Nord ou du Sud. C'est une occasion précieuse pour réfléchir et pour créer de nouveaux savoirs qu'elle peut mettre en oeuvre dans son travail et partager avec d'autres dans la région.
« En tant qu'internationalistes, nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres et tant de manières de nous entraider », dit-elle. « Car au bout du compte bien que ma place soit là où je suis le plus efficace, c'est le monde entier qui doit changer si nos efforts locaux doivent avoir des résultats permanents et probants. Pour cela, nous devons nous connaître, nous comprendre et collaborer, à l'échelle locale et mondiale ».
Retour à la page principale des Profils de militantes et de militants
| Révisé le 27 juillet 2010 | Politique de publication | |


