Karen Seabrooke reçoit le prix « Femmy »

Karen Seabrooke

Karen Seabrooke (centre) avec ses collègues d'Inter Pares Samantha McGavin et Anne-Marie Zilliacus.

Le 4 mars 2009, lors d’une soirée de célébration à Ottawa pour marquer la journée internationale des femmes, Karen Seabrooke a été parmi plusieurs à recevoir le premier prix « Femmy ». Elle a été nominée par Inter Pares pour l’ensemble de son œuvre féministe à promouvoir la justice et l’égalité pour les femmes. Voici le texte de sa nomination, qui présente un aperçu des contributions importantes que Karen a faites à travers son travail à Inter Pares.

Organisation internationale pour la justice sociale basée à Ottawa, Inter Pares a l’immense privilège de présenter la candidature de Karen Seabrooke pour la première édition annuelle du prix «Femmy». Karen, qui est née et a grandi dans la vallée de l’Outaouais, a travaillé pendant onze ans au sein d’organisations pour la justice sociale en Europe. De retour au pays, elle est devenue membre de l’équipe d’Inter Pares au début des années quatre-vingt.

Le destin veut parfois que la vie de certaines personnes soit l’illustration des combats de leur temps. L’engagement absolu de Karen en faveur de l’égalité des femmes et du mouvement féministe, au Canada et sur la scène internationale, lui a permis de couvrir un champ étendu de questions qui ont mobilisé les femmes du monde entier : santé de la femme, pauvreté, droits génésiques et sexuels, croissance démographique, pour ne citer que celles-là. Quel que soit le sujet, Karen a toujours accordé la primauté au partage des expériences et du vécu avec les femmes, s’investissant à leurs côtés dans l’action pour le changement sur les plans local, national et international.

Pendant des décennies, Karen a collaboré avec des organisations de femmes, les aidant à constituer des alliances, créer des réseaux, réaliser des échanges à caractère féministe et mettre en œuvre des initiatives de recherche communes et des politiques de plaidoyer tout en facilitant les rapports entre des groupes de femmes du Canada, des Philippines, du Bangladesh et de la Birmanie. Karen a marqué du sceau de sa personnalité, de son authenticité et de son sens de l’humour singulier tout ce qu’elle a entrepris, renforçant le sentiment de confiance et d’amitié profonde qui la lie aux militantes féministes, partout dans le monde. Sa contribution à l’action des femmes au Canada est à la fois vaste et originale. À Ottawa, elle a été pendant plusieurs années membre du Conseil d’administration d’organisations féministes locales, notamment le Centre Amethyst pour femmes toxicomanes et le refuge pour femmes Nelson House d’Ottawa-Carleton.

Parmi ses initiatives les plus connues, citons la série d’activités qui a abouti à la création de la pièce Side Effects, ou effets secondaires, qui traite de la problématique de la femme et de l’industrie pharmaceutique.

En octobre 1982, Karen a organisé une tournée pancanadienne pour des travailleuses communautaires du Bangladesh. Dans le cadre des rencontres avec les membres de réseaux et groupes canadiens, elles ont échangé avec les femmes canadiennes leurs expériences, leurs idées, les considérations actuelles communes à toutes les femmes quel que soit leur milieu. Il est apparu que les femmes sont particulièrement préoccupées par leur santé et, surtout, par l’impact de l’industrie pharmaceutique et de l’ordre médical établi. Canadiennes et Bangladaises, elles ont convenu de la nécessité pour les femmes de tenir les rênes de leur santé et de se faire mieux entendre pour que soient adoptées des politiques qui répondent à leurs besoins en matière de santé. De ces échanges, sont nés :

Comme le déclarait Karen au cours d’une rencontre de militantes pour la santé : « […] Nous luttons pour l’avènement d’un nouveau monde. Un monde où on ne laisse plus le mercantilisme dicter la façon de régler les problèmes de société et où les pouvoirs publics s’attaquent aux causes profondes de la mauvaise santé – y compris la pauvreté, la violence contre les femmes, le racisme et d’autres formes d’injustice sociale. Un monde où rien ne vient contaminer les aliments, l’air, les sols et l’eau et où tout le monde a droit à un logement convenable, à la sécurité, à un revenu équitable et à des soins médicaux et une éducation de qualité. Un monde où la vie des femmes n’est pas médicalisée, un monde où on recherche des solutions sociales et politiques à leurs problèmes, plutôt que de se contenter d’expédients pharmaceutiques ».

Karen Seabrooke et toutes celles, nombreuses, qui ont eu l’occasion de travailler avec elle, n’ont pas seulement nourri cette vision d’un monde différent; elles nous ont aussi permis de nous rapprocher de ce monde où les voix et les points de vue des femmes sont pris en compte.

En un mot, nous sommes convaincues que Karen Seabrooke mérite ce prix « Femmy » pour l’œuvre de toute une vie consacrée à la défense de la femme, à la promotion de l’égalité des femmes et au combat pour la justice, au Canada et dans le reste du monde.


 
Révisé le 23 avril 2009 haut Politique de publication
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